Pourquoi un blogue

Le Monde est en train de mourir. Le peuple Québécois est aussi en train de mourir.

Ces deux événements sont liés. Comme tous les problèmes que nous vivons aujourd'hui. Rajoutez les vôtres si vous voulez.

Une action est nécessaire; aucune n'a l'air possible.

Et toutes nos réflexions ont l'air de rempirer le problème.

Je suis pourtant convaincu que nous - le Monde, et le peuple Québécois - allons survivre.

Que la libération, malgré tous les signes de désespoir, est proche. Très proche.

Facile? Non. Mais proche.

J'ai été pauvre, j'ai été fou, je me suis brisé plusieurs fois. C'est un parcours classique pour les poètes et les sorciers. Ça ne rend pas toujours la communication hyper facile. Mais ça permet de voir les choses d'une certaine façon.

De voir... quoi? Le mouvement des courants de la vie? Le monde invisible qui sous-tend l'existence? Ou les reflets de notre imagination?

Pas la vérité absolue, en tout cas. Mais, peut-être, l'ondulation des feuilles sur les vagues; le message des corbeaux; l'annonce d'un printemps possible.

Il y a beaucoup d'idées dans le Monde. Et on s'y accroche, comme un billot dans l'océan. Mais le billot, ici, ne peut pas nous sauver: c'est lui qui nous traîne au fond.

Nous nous noyons dans nos idées, nos illusions, nos complaisances. Nous avons oublié la saveur de la vraie vie.

Je pense qu'on se raconte des histoires. Qu'on est fait de même, et qu'on n'a pas le choix. Mais qu'on a perdu de vue que c'est ce qu'on fait, et qu'on est terriblement, terriblement perdus. Prisonniers dans nos têtes.

Alors pourquoi écrire un blogue?

Parce que le Monde est en train de mourir, et que je veux qu'il vive.

L'essentiel de mon propos, il se trouve dans mes chansons, ma musique, les histoires que j'écris parfois. C'est un travail de longue haleine. C'est mon activité principale.

Mais quand la maison brûle, il faut bien faire notre possible, même si tout ce qu'on a c'est un dé à coudre d'eau douteuse.

Le Pôle Nord fond. Il n'y a plus d'insectes, plus de grenouilles, plus de poissons. Et comme ça nous déprime trop d'y penser, on se distrait par rêves de richesse, des vidéos de chat, et des lapidations publiques.

Qui est le plus juste, le plus pur, le plus moral, le plus éduqué? Je n'en ai vraiment rien à cirer.

On est tous complices, c'est comme ça que je le vois. Tout le monde est le foyer d'infection. Tous coupables. Tous contaminés par le même mal, qui est dans nos têtes.

Je ne cherche pas à savoir qui a raison. Je veux trouver comment guérir le Monde.

Je veux aider cette guérison.

Je suis souvent désespéré. Pourtant...

Je crois qu'on va y arriver.