Pourquoi il est dur de changer

Notre environnement est d'une extrême complexité. Notre corps perçoit beaucoup d'informations. Notre système nerveux les catégorise en sensations, et se base là-dessus pour nous suggérer quoi faire.
Il connaît deux grandes catégories: le plaisir et la douleur. Le confort, et l'inconfort.
Notre système nerveux est fait pour rechercher le premier, et éviter le deuxième. L'évitement signifie le combat, la fuite ou, dans les situations désespérées, l'affaissement total.
Mais notre système nerveux a une compréhension particulière du confort.
Son objectif, c'est notre survie. Pas notre bonheur.
Supposons un enfant qui se fait toujours crier après. Sa survie dépend de la bonne volonté des gens qui le maltraitent. Il ne peut pas se battre. Il ne peut pas s'enfuir.
Il apprend donc à se taire. À se soumettre. À s'écraser.
Plus tard, dans des circonstances comparables, peut-être la plupart des situations, il va se taire et s'écraser. Son système nerveux sait maintenant comment le protéger. Pour lui, ça le confort. Ce qui a marché avant. Ce qu'on connaît.
Ça peut détruire la vie du mammifère, mais ça c'est demain. Ce qui compte, c'est de le protéger, aujourd'hui.
Le moyen précis n'est pas important. Ça peut être éviter le conflit à tout prix. Ça peut être la rage stérile. Ça peut être l'alcool, la cigarette ou les jeux vidéos. Ça peut être, et c'est souvent, rester dans une relation abusive, une situation complètement malsaine, qui ne donnera jamais rien de bon.
Ce qui nous tue, règle générale, c'est précisément ce qu'on a mis en place pour nous protéger. Nous sommes tous prisonniers de tels programmes.
C'est pourquoi il est très difficile de changer.
Mais il arrive que ce soit nécessaire.