Faut-il vivre pour les autres?

Ne vivre que pour soi, c'est vivre à moitié.
Mais vivre pour les autres, ça veut dire quoi?
Ce n'est pas une question de morale.
Ni un enjeu de justice sociale.
Ni une façon d'être une bonne personne.
Ni une manière d'atteindre le paradis.
Et ce n'est pas, surtout pas, une affaire de charité, cadeau des usuriers, noblesse des bandits.
Ce n'est pas se renier soi-même, oublier qui on est, ce qu'on désire, ce qu'on aime, ce qui nous tient à coeur.
C'est être tout ce qu'on est, et n'être rien d'autre; et l'exprimer pleinement, comme un acte de partage.
On peut se promener dans le monde en tentant d'accumuler le plus possible. Faire semblant que ça a de l'allure. Jouer le rôle, qu'on attend et qu'on exige de nous. Courir les médailles.
Ou on peut être soi-même. C'est plus dur qu'on pense. C'est souvent le contraire de ce qu'on se dit. Et en même temps exactement ce qu'on voudrait.
Se promener dans le monde, sachant qu'il n'y a aucune garantie, et donner ce qu'on a en-dedans, ce qu'on est.
Pas nos sautes d'humeur ou nos opinions. Pas nos doutes ou nos peurs. Ça c'est juste le contenu, qui n'est pas très important. Demandez à la montagne ce qu'elle pense de votre opinion.
Mais ouvrez-lui votre coeur, et vous verrez qu'elle chante.
Elle n'attendait que ça.